Débuts de l'éclairage au gaz

Chronique historique

par Sylvain Bertoldi, conservateur en chef des Archives d'Angers

Vivre à Angers n° 479, été 2026

Le premier éclairage permanent d’Angers – à l’huile - ne remonte qu’à 1785, une date assez proche déjà des expériences de Philippe Lebon au début du XIXe siècle pour trouver un nouveau moyen d’éclairage par le gaz. Recherches couronnées de succès en 1815, quand un salon du passage parisien des Panoramas met en oeuvre cette nouvelle technique. 

De nombreuses propositions

À Angers, on se pose la question du gaz à la fin des années 1830. À cette date, de nombreuses sociétés développent le nouveau système et le proposent aux villes. Toutes n’utilisent pas le même procédé : le gaz peut être obtenu par distillation du bois, de l’huile de schiste, de la tourbe, du charbon ou même de la lie de vin et du marc de raisin… Entre 1837 et 1843, Angers ne reçoit pas moins de seize sollicitations, émanant de sociétés situées principalement à Paris, mais aussi à Lyon, Nantes, Elbeuf… La Compagnie générale provinciale du gaz et des eaux, anglo-française, est l’une des plus accrocheuses. Son correspondant en France, J.-B. Stears, reste en pourparlers avec la municipalité pendant près de quatre ans (1839-1843). Ses propositions sont onéreuses, mais c’est la première société à envoyer des propositions sérieuses. Avec elle, le maire Antoine Farran apprend à connaître les nouvelles techniques. D’après un rapport au conseil municipal, il s’est « personnellement chargé de l’étude de cette affaire » à laquelle il porte « beaucoup d’intérêt ». Il réussit à obtenir de meilleures conditions, passant de sept à six centimes par bec et par heure d’éclairage. Toutefois une commission du gaz travaille aussi sur le sujet depuis le 26 novembre 1839, composée de Drouart, Latour, Planchenault, Bordillon et Guitet. Mais, tous en conviennent, l’éclairage au gaz présente un surcoût de 23 000 francs par rapport à l’huile. Angers préfère attendre.

Le 11 juin 1840, l’éclairage à l’huile - 432 réverbères anciens et 53 du système Bordier au pouvoir éclairant multiplié - est de nouveau adjugé au sieur Mathagon pour trois ans jusqu’au 1er janvier 1844, « sauf la réserve à consigner dans le cahier des charges pour le cas où pendant ce laps de temps la Ville se déciderait à substituer pour tout ou partie des rues et places publiques l’éclairage au gaz à celui à l’huile ». Et elle laisse J.-B. Stears sans réponse, malgré ses multiples relances pour sortir de l’incertitude : il fait même intervenir le maire de Saumur, avec qui il a traité, pour qu’il l’accompagne à Angers afin d’arriver s’il est possible à un semblable accord. 
 

Le temps de la réflexion

Au conseil municipal, les discussions n’avancent pas. Cette affaire, estimée « très importante », est renvoyée ou ajournée à plusieurs reprises. Le 30 novembre 1841, dans un nouvel examen au conseil, le rapporteur de la commission du gaz, Grégoire Bordillon, s’en félicite. L’expérience acquise a permis d’éliminer tout autre gaz que le gaz de houille, la Ville de Rennes ayant abandonné le gaz de schiste trop dispendieux. De récents perfectionnements permettent de mieux épurer le gaz. « Durant l’ajournement et le complément d’étude de la question, ajoute le rapporteur, vous sont parvenues les offres de plusieurs compagnies très opulentes […]. Cette circonstance vous a donné la certitude d’obtenir une concurrence sérieuse et profitable lors de l’adjudication publique. » Il se flatte aussi d’obtenir un prix inférieur à 5,05 centimes par bec et par heure et d’étendre le projet à un plus grand nombre de rues.

Les pourparlers sont toujours en cours avec la Compagnie générale provinciale, quand J.-B. Stears abat ses cartes dans une lettre au maire du 6 décembre 1842 en proposant la somme fixe et annuelle de 52 000 francs pour l’éclairage général de la ville entière tant au gaz qu’à l’huile. « Pour éviter toute confusion, précise-t-il en post-scriptum, les présentes propositions mettent à néant toutes celles qui ont pu les précéder jusqu’à ce jour. »

Charles Gosselin, homme d’affaires

C’est alors qu’intervient la société de « la onzième heure » qui enlève le morceau en un mois ! À vrai dire, il faut plutôt parler d’un nouvel associé de l’entreprise, car celle-ci était intervenue sans succès en août 1841. À l’époque, Gosse, père et fils, et Haselden avaient envoyé une offre de service très succincte qui se résumait ainsi : « Membre de la Compagnie lyonnaise qui éclaire Metz, et qui en ce moment exécute la construction des usines de Besançon et Reims, nous prendrions l’engagement d’éclairer votre ville pour le courant de l’année 1842. »

Le 21 décembre 1842, Charles Gosselin (1795-1859) prend le relais de Gosse. Il a plusieurs atouts dans son jeu : un caractère entreprenant ; le dossier angevin du gaz, après plusieurs années d’étude, est mûr à point ; et surtout, comme il le dit dans sa première lettre au maire : « Mes relations de parenté et d’amitié avec un grand nombre d’habitants de la ville me font tenir à honneur d’obtenir l’éclairage d’Angers ». Le plus étonnant, c’est qu’il est complètement étranger au monde de l’éclairage et même de l’industrie. Il est en effet connu pour être, avec son concurrent Eugène Renduel, le grand éditeur des écrivains romantiques français. Son Walter Scott connaît un grand succès. Il publie ensuite Lamartine, Victor Hugo, Balzac, George Sand… En 1842, il crée le Comptoir de la librairie, préfiguration de la régulation dans la distribution des livres. Pour faire des affaires, il sait s’associer avec des spécialistes. C’est le cas pour le gaz, avec les Gosse père et fils.

L’intermédiaire : l’imprimeur Lachèse

À Angers, son interlocuteur n’est autre que l’imprimeur Adolphe Lachèse, beau-frère du maire Antoine Farran, ce qui facilite les choses. La négociation se déroule entre eux, dans une correspondance serrée. Lachèse sert d’intermédiaire avec le maire et tout progresse très vite. Gosselin va droit au but. Le 28 décembre 1842, il a déjà baissé son prix de l’heure d’éclairage à 4,19 centimes par bec :

« La Ville de Paris paie les 4 centimes d’allumage et entretien et en outre elle paie le gaz à 6 centimes. […] J’ai fait et refait avec M. Gosse tous nos calculs et j’arrive à cette preuve. C’est qu’à 3 centimes 91/100e, il y a perte si l’allumage et entretien reste à notre charge, car au déboursé de la fabrication du gaz, il faut ajouter l’intérêt des sommes que nous aurons à payer pour les 210 lanternes sur consoles et 90 sur candélabres, soit 4 800 à 5 000 francs et cependant nous n’avons pas hésité un instant à nous charger de cette fourniture tandis que les autres compagnies ont demandé 4 centimes et la fourniture des candélabres par la Ville ! […] Nos calculs rigoureux portent notre dépense complète à 4 centimes 19/100e par bec et par heure en supposant 5 pieds cubes de gaz consommé […], ce qui avec les fuites équivaut à la production de 15 à 16 hectolitres de charbon […].
Ce serait donc ce chiffre de 4 centimes 19/100e qu’il nous faudrait obtenir, ce qui porte la dépense pour 300 lanternes brûlant 1 700 heures chacune à 21 369 francs par an ou seulement 1 428 francs de plus que le prix de 3 centimes 91/100e demandé. 
Voulez-vous communiquer ces chiffres à Monsieur le Maire et lui demander s’il croit pouvoir faire admettre ce prix par le conseil municipal. Je vous remets ci-joint un pouvoir pour admettre les changements sur le projet de traité […] ».

Avec de bons amis et de bons parents

Lachèse envoie la réponse du maire le 30 décembre : une baisse de prix est encore demandée. Gosselin répond par retour, le 1er janvier. Il lui faut ce marché :
« Je reçois à mon réveil votre lettre tout aimable du 30 décembre […]. Je continue à vous remercier de votre obligeance et du zèle que vous voulez bien apporter dans cette affaire. Comment ne réussirait-on pas avec de bons amis et de bons parents qui prennent autant à coeur vos intérêts ! En vous donnant de pleins pouvoirs, c’était vous dire que tout ce que vous feriez serait bien fait, en conséquence, j’accepte les 4 centimes 19/100e. Décidé à finir l’affaire, je tâcherai de retrouver ailleurs la différence de 460 francs par an que forme la réduction de 4 19/100e à 4 10/100e qui m’était indispensable pour que la ville ne nous coûtât rien ! Mais l’éclairage n’en souffrira pas et Angers, je l’espère, sera citée au nombre des villes éclairées de notre pays. »

Toutes les concessions possibles

L’affaire reste compliquée, malgré la détermination de Gosselin. Deux obstacles nouveaux surgissent : le maire veut réduire le bail de 18 à 15 ans, alors que tous les calculs ont été fondés sur 18 ans, tandis que le conseil municipal veut diminuer les heures d’éclairage de 1 700 à 1 400 heures, par crainte de se voir obligé d’augmenter le nombre des heures de l’éclairage à l’huile. Un argument que Gosselin réfute dans sa lettre du 18 janvier 1843 : « Dans tout le périmètre éclairé au gaz, il n’y a pas ou du moins il reste bien peu de lanternes à l’huile, de sorte qu’il n’y aurait pas de disparate sensible. Nous avions cependant fait toutes les concessions possibles et voilà maintenant qu’en réduisant notre recette, on nous constitue en perte sans compensation. Et voici dans quelle position nous met cette décision du conseil municipal. Si nous refusons et que plus tard il revienne sur sa décision, il nous est impossible de prendre l’engagement d’éclairer cette année, car il sera trop tard ! »

Il ne faut pas trop tarder en effet, car les fournitures ne seront plus disponibles, indique le post-scriptum : « Il est si difficile d’obtenir des tuyaux de conduite convenables que j’ai retenu la parole de notre fabricant pour quelques jours. Il a pour plus d’un million de commandes et ne peut plus prendre d’engagements, je dois lui rendre réponse d’ici au 25. »

Des Angevins retors

Gosselin demande à Lachèse prompte décision sur ces deux points et lui confie aussi la mission de se renseigner sur le terrain qui lui convient à la Chalouère pour installer l’usine. Dernière négociation peu fructueuse : le maire veut bien revenir à un bail de 18 ans, mais il n’y aura que 1 400 heures d’éclairage. Un ultime échange avec Lachèse, le 24 janvier, montre un Gosselin résigné. L’entrepreneur flamboyant s’est laissé prendre dans les filets angevins… :

« Depuis ma réponse à votre dernière lettre, vous ayant donné carte blanche pour accepter en définitive les conditions de Monsieur Farran, si vous ne pouviez en obtenir de meilleures, j’avais pris toutes mes dispositions pour commencer l’affaire immédiatement et j’avais particulièrement traité l’affaire des tuyaux de conduite de façon à ce qu’il soit aujourd’hui difficile de rompre le marché. J’avoue que je ne m’attendais pas à cette réduction du nombre des heures, car le nombre de 1 700 avait été la base de tous nos calculs et jamais une objection n’avait été faite par M. le Maire ni par MM. les adjoints, ni par aucune personne sur ce point si important ! j’ai fait chercher après Monsieur Gosse qui arrive à l’instant : «  - À quoi servirait de faire et refaire des calculs faits déjà cent fois ! Nous ne pouvons reculer sans sacrifices pour rompre nos marchés et sans changer toutes les dispositions prises depuis longtemps, convaincus que nous étions que, sauf quelques petites modifications, le marché serait conclu avec la Ville d’Angers ! Nous en étions si convaincus que nous avons refusé des propositions qui nous étaient faites pour une autre localité ! »
Il faut accepter coûte que coûte. Ainsi donc je vous écris à la hâte pour vous dire que j’accepte le marché proposé avec la condition d’un éclairage de quatorze cents heures et la durée du bail fixé à dix-huit ans. »

Depuis le 21 janvier 1843, le maire était autorisé par le conseil municipal à passer avec Charles Gosselin un marché de gré à gré pour l’éclairage de la ville au gaz extrait de la houille pendant une durée de dix-huit ans. La formule du marché de gré à gré est choisie au prétexte que ce système d’éclairage ne doit être considéré que comme un essai. Mais en fait, à présent qu’elle est décidée, la Ville veut éviter la concurrence et de plus longues formalités… Elle essuie d’abord un refus du ministre de l’Intérieur, mais dix mois plus tard, celui-ci donne finalement son approbation.

Le traité de 1843

Le traité signé le 15 février 1843 prévoit l’éclairage d’environ trois cents lanternes d’ici le 1er janvier 1844. La dépense reviendra à 18 000 francs par an, 165 réverbères de l’ancien système sont supprimés et 48 du système Bordier, dont le coût total était de 12 700 francs. Il en résulte une augmentation d’environ 5 000 francs, mais, comme le souligne la délibération du 21 janvier, le conseil, « après une longue discussion » a considéré que « l’éclairage d’une ville de l’importance d’Angers était une dépense des plus nécessaires ».

Les lanternes seront placées sur les boulevards, quais, rues et places tous les quarante mètres. Seule une partie d’Angers bénéficiera de l’éclairage au gaz, essentiellement le centre de la ville rive gauche, et quelques rues de la Doutre : le pont du Centre, les rues Beaurepaire, de la Trinité, place de la Laiterie et la rue Saint-Nicolas jusqu’au boulevard de Laval.

Le prix consenti est donc de 4,10 centimes par bec et par heure, allumage et entretien du matériel compris. Les becs devront être conformes au bec n° 2 entier de la Ville de Paris et produire une lumière d’une intensité égale à celle d’une lampe carcel plus un tiers avec une consommation d’environ 5 pieds cubes de gaz par heure. 
 

Une installation ultra rapide

Charles Gosselin mène les travaux d’installation à grande vitesse comme il avait conduit les négociations. Les différentes autorisations ne se font pas attendre. Le 25 avril 1843, le comité de salubrité publique rend un rapport favorable à l’établissement d’une usine à gazomètre et formule ses prescriptions reprises par l’arrêté préfectoral du 7 mai. L’usine est fixée près du pont de la Chalouère, entre la rue du Faubourg-Saint-Samson, le nouveau chemin du Pré-Pigeon et la future rue du Major-Allard. Le 16 juillet, un arrêté du maire autorise la construction de l’usine à gaz et les travaux de terrassement pour l’installation des canalisations dans les rues énumérées par le traité. Le 4 octobre, il est obligé de publier dans les journaux un avis pour rassurer les Angevins qui craignent une détérioration de leurs propriétés qui seraient exposées à l’explosion des tuyaux : « L’expérience acquise dans les villes dotées depuis longtemps de l’éclairage au gaz a prouvé qu’aucune espèce de danger n’était à craindre. »

Dès le 29 octobre, le « Journal de Maine-et-Loire » assure que l’éclairage pourra commencer vers la mi-novembre. « La compagnie chargée de ce soin a mis dans l’exécution des travaux une activité qu’on ne saurait trop louer. Il y a quelques mois à peine ont été ouvertes les tranchées qui sillonnent la cité en tous sens, et déjà un très grand nombre de rues ont reçu les conduits destinés aux lanternes et aux candélabres. Les travaux de l’usine à gaz sont également très avancés. »

Début de l’éclairage au gaz pendant la Saint-Martin 1843

« Sous peu de jours, note le même journal à la date du 15 novembre, nous allons avoir l’éclairage au gaz, et nous n’aurons rien à envier, sous ce rapport, à nos voisines les villes de Saumur, Nantes, Le Mans. Nous ne craignons pas de nous trop avancer à cet égard, car une personne qui a pu juger l’éclairage de la ville de Metz dont est chargée la compagnie Gosselin, Gosse et Haselden, la même qui va éclairer Angers, nous a assuré que le gaz y était parfaitement blanc, supérieurement épuré, et que l’éclairage était par conséquent sans aucun reproche. »

« C’est pendant la foire de la Saint-Martin, novembre 1843, note Jacques Berthe dans ses « Extraits historiques sur l’Anjou » - et précisément le 18 novembre d’après le « Journal de Maine-et-Loire » - qu’on a vu à Angers pour la première fois beaucoup de magasins et les rues Saint-Laud et Basse-du-Mail éclairés par le gaz ». L’éclairage suit le calendrier de la lune : pendant les nuits de lune, il n’y a que demi-allumage. Seuls les becs permanents restent allumés toutes les nuits : ce sont les réverbères placés face à la préfecture et à la mairie, vis-à-vis de la poste aux lettres, devant les corps de garde des halles, du pont du Centre et de la rue Saint-Nicolas, à la porte du général commandant la place d’Angers (boulevard des Lices) et à celle du trésorier payeur général.

Le gaz est de mauvaise qualité !

Le 9 janvier 1844, le maire est obligé de faire un premier rappel à l’entrepreneur concernant les becs permanents. Hélas l’éclairage n’est pas sans reproche, comme annoncé. Les réclamations affluent bientôt : le gaz est de mauvaise qualité ! La plainte du pharmacien Eugène Ollivier est portée devant le comité de salubrité publique. On reconnaît que le gaz est mal épuré. Il contient de l’hydrogène sulfuré ou de l’acide sulfureux en quantité assez considérable. La combustion dégage en outre de l’acide carbonique, obligeant à ventiler les appartements. Le rapport du comité, du 19 décembre 1844, demande d’abord à l’entreprise de respecter les prescriptions émises lors de l’autorisation de l’usine : la première citerne pour le lavage à l’eau qui débarrasse le gaz des goudrons et des composés ammoniacaux ne devra pas excéder 2 000 litres. La deuxième citerne, destinée à l’épuration chimique au lait de chaux, devra être également réduite. L’établissement ne devra pas conserver pas dans ses murs plus de quatre hectolitres de chaux à la fois. Après avoir servi à l’épuration, ce liquide sera utilisé comme engrais.

Les plaintes ne cessent pas. Le comité rend à nouveau ses conclusions le 28 janvier 1850. Le gaz n’est pas complètement épuré. Sa combustion donne encore lieu à un dégagement de vapeurs d’acide sulfureux et sulfurique qui peuvent être dommageables pour la santé. Il s’ensuit une série de contrôles grâce à un système très simple : une bande de papier blanc est imprégnée d’acétate de plomb. Si, au contact de la flamme du gaz, elle reste blanche, alors le gaz est pur.

Le 17 novembre 1855 encore, le maire écrit au directeur de l’usine à gaz : « Les rapports journaliers de la police et les plaintes qui parviennent de diverses parts à l’administration constatent que l’éclairage au gaz de la ville est généralement mauvais et ne donne pas la clarté que l’on a droit d’attendre d’après le traité passé. »

Un nouveau traité en 1858, déjà

Trois ans plus tard, il n’est plus question de mauvaise qualité du gaz, mais de revoir tout le traité de 1843, avant son expiration au 1er janvier 1862. Il avait pourtant été négocié au plus avantageux par la Ville, mais quinze ans plus tard, on n’en voit plus que les inconvénients et surtout l’état stationnaire dans lequel il maintient l’éclairage puisque la Ville s’interdisait d’émarger à tout nouveau système. On regrette aussi que le bail ait été trop court, donnant raison à Charles Gosselin qui avait bataillé pour que sa durée ne soit pas diminuée. Un bail plus long aurait permis d’abaisser le prix de l’heure d’éclairage par bec de 4,10 à 3 centimes. Un nouveau bail est signé le 17 avril 1858 avec la Compagnie du gaz d’Angers, filiale de la Compagnie lyonnaise dont Gosse, Haselden et Gosselin faisaient déjà partie. Il inclut ces avantages et prévoit même un partage de bénéfices entre la Ville et l’adjudicataire après seize années de bail.