Angers musées vivants : l'oeil et la passion

Chronique historique

par Sylvain Bertoldi, conservateur en chef des Archives d'Angers

Vivre à Angers n° 336, septembre 2009

Cours de l’École du Louvre, « Une heure, une oeuvre », « Un dimanche au musée », « L’oeil écoute », « Un après-midi pour l’art », « Les chemins de l’art »…, autant de manifestations organisées par Angers musées vivants, association fondée il y a trente ans pour mieux faire connaître les musées de la ville et le patrimoine en général.


Une association d’amis de musée ? On n’y songeait bien sûr pas lors de l’ouverture en 1801 du muséum de l’école centrale de Maine-et-Loire, premier musée d’Angers. L’une des plus anciennes associations est celle des Amis du musée du Louvre, fondée en 1897. Ces sociétés accompagnent le développement des musées au XXe siècle et la recherche de nouveaux publics.

En 1967 apparaît la Société des amis des musées et collections de la ville d’Angers. Cependant, sa création le 13 février est purement conjoncturelle, et municipale : il s’agit d’aider la Ville à acquérir les tapisseries du Chant du Monde de Jean Lurçat. Quoiqu’association loi de 1901, elle est présidée par le maire d’Angers, Jean Turc. L’acquisition des tapisseries réalisée, elle disparaît.

En 1973, Viviane Huchard, jeune conservatrice, est nommée à la direction des musées où elle s’emploie à réveiller les beaux endormis. Pour réfléchir à leur dynamisation grâce à une association relais, elle réunit autour d’elle en 1978 un petit groupe : Violette Cointreau, Marie-Thérèse Giffard, Florence Soulez-Larivière, Marie-Thérèse Moignet, Jacques Maillard, Jacques Bonnot, Robert Goxe, Jean-Yves Lesseur, René Letellier… forment ce premier noyau de bénévoles, duquel naît Angers musées vivants le 10 mai 1979.

 

Les objectifs énoncés dans les statuts sont clairs :

  •  « Promouvoir le développement des musées d’Angers en favorisant leur ouverture à toute la population angevine, notamment les jeunes, par l’organisation d’expositions, de conférences, de visites, d’actions de sensibilisation, qui permettront de mieux faire connaître les oeuvres qui y sont conservées ;
  • Acquérir des pièces, des oeuvres d’art de qualité, intéressant au premier chef l’histoire et la vie de l’Anjou et l’histoire de l’art, afin d’enrichir les collections des musées d’Angers, recevoir des dons […] ;
  • Organiser, à Angers ou à l’extérieur, toute manifestation d’intérêt artistique ou s’y associer ».


Jacques Maillard, maître assistant d’histoire à l’université, est élu président. Le siège de l’association est fixé au musée des Beaux-Arts. Jacques-Henry Martin, professeur à l’école des Beaux-Arts, réalise le logo de l’association, représentant de façon astucieuse une clef ouvrant les musées au public.

 

Aussitôt, l’association commence à se battre pour leur rénovation et soutient le programme d’expositions par des animations, dès l’automne 1979 : à l’occasion de l’exposition « Les enfants d’Anjou », Jean-Claude Brialy vient présenter en avant-première son film Les Malheurs de Sophie. Un concert est donné en collaboration avec la Société des concerts populaires sur le thème du monde de l’enfance dans la musique. Les concerts au musée - « L’oeil écoute » - seront d’ailleurs longtemps l’un des points forts de l’association, jusqu’en 1995.

Dès la première assemblée générale de mai 1980, Angers musées vivants compte 182 adhérents. Trois ans plus tard, on est passé à 423, à 610 en 1986, 812 en 1991, année la plus faste de ces trente ans d’existence. Depuis 2000, le nombre d’adhérents oscille entre 650 et 780, ce qui en fait l’une des plus importantes associations de la ville.

« Créer des moments riches et insolites » : Angers musées vivants y excelle. Depuis trente ans, elle a fourni à plusieurs dizaines de milliers de personnes des clefs de compréhension de l’art : en novembre 1982, Angers est la cinquième ville de France - et toujours actuellement la seule des Pays de la Loire - à accueillir les cours décentralisés de l’École du Louvre. À partir de l’automne 1993, l’association développe son propre cycle de conférences, tout en maintenant les visites avec des guides-conférenciers du patrimoine et les conférences exceptionnelles suivant l’actualité nationale et européenne. Ce sont aussi des voyages annuels, à partir de 1990, qui permettent de découvrir collections et sites prestigieux dans le monde.

La municipalité soutient l’entreprise de trois façons : prêt de salles, entrée gratuite dans tous les musées offerte aux adhérents, invitation aux vernissages. De son côté l’association mène une politique active de mécénat, son but ultime.

De 1981 à 2008, quelque 180 000 € ont été offerts aux musées, sous forme de 38 achats principaux d’oeuvres d’art, de plusieurs opérations de restauration patrimoniale et de participation aux animations des musées. Des oeuvres du XXe siècle - de Pierre Thézé, Jacques-Henry Martin, Jacky Besson, Richard Texier, Jean-Louis Cognée… - aussi bien qu’anciennes entrent dans le patrimoine angevin.

Après Jacques Maillard (1979-1983), Florence Soulez-Larivière (1983-1992), Agnès Roussineau a pris en main les destinées de l’association. Et les trente ans seront fêtés, le 8 octobre 2009, comme l’ont été les deux précédents anniversaires, par une opération de mécénat exceptionnelle. Une exposition, « Pour l’amour de l’art », présentera les oeuvres acquises au fil des ans.

Depuis la cyber-attaque de janvier 2021, le site internet des Archives patrimoniales d'Angers, dans ses deux parties, le « portail historique » et les « Archives numérisées en ligne », est malheureusement inaccessible.

En attendant son rétablissement intégral, nous remettons en ligne la partie « portail historique », avec notamment l'almanach angevin, les chroniques d'histoire angevine...

Bonne navigation.