Page histoire du Courrier de l'Ouest, 17 juin 2018
Sommaire de la page :
Premiers films tournés à A,ngers
Battage des blés à la ferme Pinier, en Frémur
Le document : rue de l'Oisellerie
17 juin 1987 : l'A 11 entre Angers et Durtal
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CHRONIQUE
Par Sylvain Bertoldi
Conservateur des Archives d’Angers
PREMIERS FILMS TOURNÉS À ANGERS
Angers aime le cinéma. Le festival Premiers Plans remporte chaque année un franc succès depuis 1989, le cinéma d’art et d’essai Les 400 Coups se porte bien et le nombre total d’entrées dans les salles obscures oscille entre 1,2 et 1,4 millions.
La première salle permanente de projection s’est ouverte rue Saint-Denis, sous l’enseigne des Fantaisies Angevines. En 1922 est inauguré le premier bâtiment spécialement conçu à l’usage du cinéma : le Familia, rue Louis-de-Romain, rebaptisé peu après Le Palace.
Il ne restait plus à Angers qu’à accueillir en ses murs la réalisation de films. Fin août 1937, voici le réalisateur Maurice Cloche qui débarque à la gare Saint-Laud, avec Marguerite Moreno, Alice Tissot, Micheline Cheirel, Pierre Larquey et quelques autres artistes : une équipe d’une cinquantaine de personnes, avec les techniciens. Les vieilles rues de la Cité, spécialement la rue Donadieu-de-Puycharic, ont été choisies comme cadre de certaines scènes du film Ces dames aux chapeaux verts, d’après le roman de Germaine Acremant, déjà adapté en 1929 au cinéma. Les scènes champêtres sont tournées au château de la Mauvoisinière à Bouzillé, et les vues intérieures à la Goupillère, à Saint-Augustin-des-Bois.
« Qui vous a attiré dans notre région, demande le journaliste de L’Ouest au réalisateur, puisque l’auteur avait situé son roman dans le nord de la France ? – Mais la beauté des sites des rives de la Loire, la splendeur du parc de la Mauvoisinière […]. Nous ne tournerons là que les extérieurs champêtres. Les prises de vue, pour les autres extérieurs, seront faites à Angers, dans la vieille Cité qui contient de si beaux spécimens du passé. » (L’Ouest, 26 août 1937).
Ce premier film n’est cependant pas suivi de beaucoup d’autres. Il faut attendre trente ans avant qu’un second soit tourné dans la ville. Serge Roullet situe dans le cloître de l’abbaye du Ronceray les dernières séquences de son film Le Mur, adapté d’une nouvelle de Jean-Paul Sartre, avec l’écrivain Michel Del Castillo en vedette. En dehors des téléfilms – comme Le Père Goriot en 1971, qui prend encore pour cadre la rue Donadieu-de-Puycharic – et des courts métrages, on ne compte qu’une douzaine films tournés (en partie) à Angers, depuis 1937.
ACTUALITÉ DES ARCHIVES
MOISSONS DANS LE QUARTIER DE FRÉMUR
Eh oui ! Angers était une ville rurale… Nous sommes ici dans le quartier de Frémur, entre les rues des Chaffauds et Nicolas-Bataille, sur l’exploitation d’Henri Pinier, à droite sur la photographie, père de Berthe Aubry. À l’arrière-plan, on aperçoit les bâtiments du couvent de la Visitation. Ce cliché fait partie d’un ensemble prêté par M. et Mme Aubry : afin de compléter l’histoire de la ville dans des domaines que les archives administratives ne couvrent pas, les Archives municipales mènent une collecte de documents auprès de particuliers, pour numérisation.
Les Pinier, rue du Stand (actuelle rue Nicolas-Bataille), près de la rue de Létanduère, avaient une exploitation de maraîchage. Ils cultivaient poireaux, persil, oseille, artichauts, choux-fleurs, du blé aussi et possédaient une vigne. Berthe Aubry se levait à 2 h 30 pour être avec sa mère sur le grand marché du champ de Mars assez tôt pour faire la vente aux commerçants grossistes, puis elles livraient route de Paris, aux halles place de la République, place de la Visitation… Pour le persil, les Pinier ficelaient jusqu’à 300 bottes, trois fois par semaine.
LE DOCUMENT :
Le dessin est fait depuis la rue Baudrière, en face du Palais des Marchands (actuel Fleur d’Eau). La boucherie Guy-Giffard fait l’angle de la rue de l’Evêché et de la rue Baudrière. C’est actuellement la Pharmacie des Halles, le bâtiment a été reconstruit après l’incendie du Palais des Marchands en 1936. Les maisons qui sont à droite, rue de l’Oisellerie, dont le café Pinot, se trouvaient devant l’évêché. Elles ont été démolies vers 1854-1855. Les maisons situées à gauche, après l’Y, existent encore, elles portent les numéros 5, 7,9…, rue de l’Oisellerie.
