Page histoire du Courrier de l'Ouest, 22 avril 2018
Sommaire de la page :
Angers découvre les plaisirs du chocolat
Les funérailles de Mgr Costes
La photographie : place de la Madeleine
Le livre à signaler : “Angers, formation de la ville”
21 avril 1949 : Germaine Leloy est guillotinée
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CHRONIQUE
Par Sylvain Bertoldi
Conservateur des Archives d’Angers
LES DÉBUTS DU CHOCOLAT
Dans son Nouveau Voyage aux isles de l’Amérique publié en 1722, le père Jean-Baptiste Labat, explorateur, note qu’il serait à souhaiter que l’usage de cet excellent aliment s’établisse en France. Au XVIIIe siècle, le chocolat reste denrée rare à Angers. La première mention que l’on en connaisse actuellement remonte à 1771, dans l’inventaire après décès du confiseur René Lemercier, établi rue Saint-Laud, la rue des commerces de luxe. Puis traiteurs et confiseurs en servent dans les banquets livrés aux échevins : deux entremets de crème au chocolat en 1775 (traiteur Thiriat), « 8 asiettes de pain d’orange et sitron et chacolla et aux safran » en 1782 (confiseur liquoriste Fricot), des « diablotins » au chocolat en 1786 et deux assiettes de « conserve chocolat » l’année suivante (confiseur liquoriste Pierre Retureau). Apparition timide : ce sont les seules mentions relevées dans des banquets municipaux.
En février 1789, l’inventaire après décès de Retureau, quoique surtout liquoriste, signale des moules et un « métier à chocolat » avec table et outil, estimé près de 400 livres. En 1805, la consommation du chocolat semble avoir pris un peu d’extension, puisqu’au décès de Félicité Anne Hardye, épouse de l’important épicier Jacob Abraham, leur magasin de la rue Saint-Laud renferme 100 kg de cacao, 8 kg de chocolat, 205 kg de chocolat apprêté et 5 kg de chocolat à la vanille. Toutefois, il reste encore plus consommé pour ses vertus médicinales que par plaisir. Longtemps le « chocolat de santé » est mentionné dans les publicités des pharmaciens. En 1894 encore, Alfred Brard, quai National, dépose une marque pour désigner « des chocolats et des produits pharmaceutiques ».
La première fabrique de chocolat s’ouvre vers la fin des années 1810 avec un certain Desprez, sur lequel les informations manquent. Son gendre Thomas-Desprez annonce en 1821 reprendre sa « fabrique de chocolat si estimée ». Mais c’est surtout à la fin des années 1830 que la fabrication se développe et s’oriente vers le chocolat « plaisir ». René Priou, rue Baudrière, est le grand artisan de sa démocratisation à Angers. Sa fabrique de chocolat, souligne-t-il dans une annonce de 1844 (Journal de Maine-et-Loire, 13 novembre), est organisée à l’instar de celles de Paris, par procédé mécanique de M. Hermann. Il ne manque pas de faire régulièrement de la publicité. Sa production est distinguée lors des expositions industrielles d’Angers. En 1853, les 500 gr. ne coûtent qu’un franc, ce qui excite la surprise du jury de l’exposition, qui, après dégustation, lui décerne une médaille de bronze.
Un grand merci à Sylvette Robson pour sa contribution à cet article.
ACTUALITÉ DES ARCHIVES
LES FUNÉRAILLES DE Mgr COSTES
Ce sont les dernières funérailles d’un évêque d’Angers en grand apparat : cortège dans la ville des autorités civiles, du chapitre cathédral, des représentants de tout le clergé du diocèse, du corps professoral de l’Université catholique de l’Ouest, des étudiants, de la maîtrise, des scouts… ; grand char funèbre à dôme orné de plumets noirs et broderies à l’initiale du défunt ; cathédrale entièrement tendue de noir et grand catafalque à dais. Mgr Jean-Camille Costes (1873-1950) avait été appelé à Angers en 1906 par Mgr Rumeau, qui en fit son secrétaire, puis son coadjuteur en 1924. À la mort de Mgr Rumeau en 1940, il lui succéda de plein droit. Ces deux clichés font partie d’un reportage complet de cinquante clichés que les Archives municipales viennent d’acquérir. L’un montre le cortège boulevard du Roi-René, le second le catafalque et l’assistance dans la nef de la cathédrale.
LA PHOTOGRAPHIE
LA PLACE DE LA MADELEINE
À la proue de l’îlot central, la station-service Azur créée par les frères Desmarais en 1951. Depuis les années Vingt, la famille Desmarais était spécialisée dans la vente d’essence et de pétrole en gros. En 1951, ils tiennent aussi la station-service du 274 avenue Pasteur sous la même enseigne de station Azur. En 1967, ils deviennent station service Total, qui reste ouverte jusqu’en 1989.
