Le café, un nouveau commerce

Sommaire de la page :
Le café, un nouveau commerce
L'école des Arts et Métiers : un nouveau document aux Archives patrimoniales
La photographie : le jardin des Beaux-Arts
15 avril 1578 : un combat naval sur la Maine



Avec l'aimable autorisation de notre partenaire Le Courrier de l'Ouest, Ouvre une nouvelle fenêtre

CHRONIQUE 
Par Sylvain Bertoldi
Conservateur des Archives d’Angers

LE PREMIER CAFÉ

Le café apparaît en France vers 1644, à Marseille, puis à Paris où un Arménien ouvre le premier café en 1670, sans grand succès. Le Sicilien Procope est plus chanceux : son établissement, créé en 1672, devient l’endroit à la mode, fréquenté par écrivains et comédiens. Paris compte 380 cafés publics en 1720. C’est aussi un étranger – d’Italie, de Sicile ? son parcours reste pour le moment ignoré – qui installe à Angers, à une date inconnue, le premier café. Il existait déjà le 10 mars 1693, d’après ce fait divers malheureux rapporté par Étienne Toysonnier dans son journal, au sujet de l’avocat Jean Gouin : « Étant dans la rue Saint-Laud vers neuf heures du soir dans la maison où se vend le café, il eut différend avec le sieur Destriché surnommé le Bezier, qui lui jeta une porcelaine à la tête, dont il mourut quinze jours après. »

Les premiers rôles de répartition des impositions conservés aux Archives municipales font apparaître en 1694 un certain Lombroso, cafetier rue Saint-Laud. Il n’est pas imposé. Son établissement devait être récent et remporter encore peu de succès… L’année suivante, notre homme, appelé « Lombroze », est taxé à 10 livres. En 1697, il paye 11 livres. Angers l’a adopté sous le nom de L’Embroisse ou L’Embroize. Il est absent du rôle de 1702, du moins en tant que cafetier, car à la fin de la liste des habitants de la rue Saint-Laud est mentionné un certain « Alexandre Lembroize », taxé à 15 livres, sans indication de profession. 

Désormais, le café « a pris » à Angers et la rue Saint-Laud demeure son fief jusqu’à la Révolution, malgré une tentative « d’essaimage » toute relative au début du XVIIIe siècle. La ville compte trois cafés en 1704 : rue Saint-Laud et dans deux rues voisines, celle des Péronnelles et la rue Baudrière, mais toujours à proximité de la rue Saint-Laud, principale artère du commerce de luxe. À partir de la fin des années 1710, cette rue est le domaine exclusif de ce nouveau commerce. Le nombre des cafés y varie de cinq, dans les années 1710, à deux, vers 1765-1785 : le Grand Café, tenu par Antoine Fabre dans la maison dite du Roi-David (actuel hôtel-bar du Centre, vis-à-vis de la rue de l’Espine) et le Petit Café (à proximité de la rue Baudrière). En effet, François-Yves Besnard (1752-1842) indique dans ses Souvenirs d’un nonagénaire : « Le café n’était pas alors à Angers d’un usage bien répandu ». On n’en sert qu’à partir de 1772 dans les banquets de l’hôtel de ville.

ACTUALITÉ DES ARCHIVES

Un nouveau don aux Archives patrimoniales (classé en 97 J)

Une brochure présentant l’École des Arts et Métiers vient d’être donnée par Blaise Busquet, antiquaire rue Toussaint. Publiée par les célèbres éditeurs Tourte et Petitin à Levallois-Paris, elle est riche de 26 planches photographiques et présente la situation de l’école en 1923. Les promotions 1914-1921, 1918-1921, 1919-1922 et 1920-1923 servent d’introduction à une visite des lieux. Chaque atelier est photographié : l’ajustage, la « modèlerie », la fonderie, les forges, les laboratoires d’électricité et de chimie. Le cliché le plus saisissant est certainement celui de la nef de l’abbaye du Ronceray, transformée en réfectoire…

LA PHOTOGRAPHIE

Jardin d’essai de la Société d’horticulture d’Angers, le jardin fruitier a été créé en 1834 sur les anciens jardins de l’abbé Saint-Aubin, puis du Grand Séminaire (actuel musée des Beaux-Arts). En 1842, il comprenait dans ses collections 600 variétés de poiriers, 400 de pommiers, 450 de vignes… C’est là qu’est obtenue en 1849 la fameuse poire Doyenné du Comice. Le jardin fruitier est transféré rue Desmazières en 1926. Un jardin à l’anglaise est créé sur son emplacement, sous le nom de jardin des Beaux-Arts.

ÇA S’EST PASSÉ LE…

15 avril 1578 : Un combat naval sur la Maine est organisé en l’honneur de François de Valois (1555-1584), duc d’Anjou, dernier fils d’Henri II et de Catherine de Médicis.

Jean Louvet l’a consigné dans son journal : « Et » le […] quinziesme jour dudict mois d’apvril […], pour donner du plaisir à M. le duc d’Anjou, fust dressée une forte place en forme d'ung chasteau, sur la rivière, au droict du chasteau, entre les ponts et la Basse-Chaisne, aulx quatre coings duquel il y avoit des tours faictes de charpente bien forte, le tout clos de en faczon de murs, et porté sur de grandes charrières et tonneaulx, le tout bien attaché avec des chaisnes et barres de fer et ancres pour resister aux efforts et attaques qui y furent faictes et donneez ». Cinq galiottes ou vaisseaux de mer mènent l’attaque, garnie de soldats angevins des différentes paroisses d’Angers, habillés de différents costumes colorés. Certains sont à la turque, en sauvages, d’autres à la mode de la Moscovie ou en maures. Un spectacle qu’il a fait « beau voir » !