1939 - Fêtes anglo-angevines

Trésors d'archives

Exposition virtuelle de quelques belles pièces d'archives

Fêtes des Amitiés anglo-angevines. 22-25 juillet 1939.
Affiche imprimée, 98 x 64.
Arch. mun. Angers, 6 Fi 2678.

Depuis trente ans, Angers a mis en place une politique de relations suivies avec des villes soeurs, marquée par le jumelage en 1964 avec Osnabrück (Allemagne) et Haarlem (Pays-Bas), Bamako (Mali) en 1974, Pise en 1982 et Wigan (Angleterre) en 1988.

 Les fêtes Anglo-angevines de 1939 apparaissent comme un jumelage avant la lettre, même si le terme de jumelage n'était encore pas employé. Dans une situation politique internationale difficile, la ville d'Angers veut apporter un élément de poids à l'amitié des deux grandes nations que sont l'Angleterre et la France, à un tournant de l'histoire où précisément cette amitié est indispensable à la paix du monde (interview d'André Bertin, commissaire général des fêtes, dans le Petit Courrier du 16 juillet). Il s'agit aussi, en tirant profit des liens très anciens qui ont uni l'Anjou et l'Angleterre sous l'empire Plantagenêt, de créer d'utiles courants commerciaux, culturels et touristiques. Cette initiative, répète-t-on dans le Petit Courrier, ne peut être que grosse de conséquences heureuses pour la prospérité future du tourisme angevin.

 Les manifestations, très brillantes et longuement relatées dans la presse, sont placées sous le patronage du gouvernement de la République et de l'ambassadeur de Grande-Bretagne. Elles sont présidées par le lord-maire de Birmingham, la grande cité industrielle anglaise choisie pour être la ville-soeur d'Angers et le consul britannique à Nantes. Pour la France, M. Marcs, ministre plénipotentiaire, représente le ministre des Affaires étrangères Georges Bonnet, car tout déplacement ministériel venait d'être annulé par la présidence du Conseil.

 Le 22 juillet, une grande fête hippique se déroule au Champ-de-Mars, avec reconstitution de l'histoire de la cavalerie française de 1635 à 1914 par le 1er régiment de Hussards. Moment symbolique, le lendemain 23 juillet est inauguré le mémorial des Plantagenêts au jardin du musée Saint-Jean : sur un bloc monolithique d'ardoise sont fixés deux écussons en bronze aux armes de Geoffroy Plantagenêt et de son fils Henri II, dus au sculpteur Georges Chesneau. En-dessous sont gravés ces mots "L'Anjou, terre des Plantagenêts, a érigé ce mémorial de l'amitié anglo-angevine". On échange des cadeaux. La ville de Birmingham reçoit un fanion aux armes des Plantagenêts et un médaillon de Watt, inventeur de la machine à vapeur, par David d'Angers. L'ouvrage de Soulange-Bodin - Les Châteaux du Maine et de l'Anjou - relié par le célèbre relieur André Bruel, est remis à titre personnel au lord-maire.

 L'après-midi du 23 juillet a lieu le grand défilé folklorique des provinces françaises, clos par cent belles Angevines en coiffes précédant le char de l'amitié franco-anglaise. Les journées des 24 et 25 juillet sont réservées à la promotion touristique de l'Anjou avec visite des tombeaux Plantagenêts de Fontevrault, des châteaux de Montsoreau, de Saumur, du Plessis-Macé, de Montgeoffroy et de Serrant. Après une promenade-dégustation à travers le vignoble angevin, les fêtes se terminent par un dîner aux flambeaux dans la grande salle des gardes du château de Brissac. Malheureusement, ces journées n'ont pas eu le retentissement souhaité, car l'année 1939 se termine fort mal et le projet de ville-soeur est oublié… pour vingt-cinq ans.