1900 - Chaussures Triquier

Trésors d'archives

Exposition virtuelle de quelques belles pièces d'archives

En-tête des factures et du papier à lettre de la Grande cordonnerie des Halles Triquier. Vers 1900.
Plaque de cuivre gravé, 6,5 x 8,5.
Arch. mun. Angers, 2 J 18.
Commerce de chaussures Triquier Grande cordonnerie des Halles, rue Millet : tarif publicitaire imprimé sur tissu. 1899-1900.
Coton, 32,5 x 50.
Arch. mun. Angers, fonds Triquier, 2 J 18.

En 1989, les Archives municipales ont reçu en don un ensemble de documents concernant la famille Triquier, et tout spécialement Emmanuel-Alexis, personnalité marquante de la mutualité angevine. Né en 1851 d'un père antiquaire, cordonnier à l'enseigne de la Grande cordonnerie des Halles, Emmanuel Triquier est aussi voyageur de commerce. En donnant son adhésion à la société de secours mutuels La Paternelle en 1874, il s'engage dans le mouvement mutualiste. Dès 1879, il participe à la fondation du dispensaire mutualiste. Homme de bien, toute son ambition sera de se rendre utile à ses semblables. Chaque hiver, il donne une paire de sabots aux plus pauvres et fournit les orphelins en chaussures à Pâques et à Noël.

 Dès lors, il devient le principal animateur de l'activité mutualiste à Angers et en Maine-et-Loire. Son action est tendue vers un seul but : augmenter le nombre des adhérents aux sociétés mutualistes pour améliorer les secours apportés, c'est-à-dire prolonger la durée des soins gratuits en cas de maladie, mettre en place une caisse de chômage et de retraite. Dans ce dessein, il collabore à la transformation du comité consultatif des Sociétés de secours mutuels de Maine-et-Loire en un syndicat mutualiste du département (1890), qu'il transforme en Union mutualiste départementale (1902). Il en prolonge l'action au niveau national en l'affiliant à la Fédération nationale de la mutualité française dont il est administrateur. En 1900, il est nommé président de la Caisse de Réassurance de Maine-et-Loire (l'Union générale des sociétés de secours mutuels du département) qu'il a contribué à fonder en 1883. Les adhérents sont multipliés par deux sous son mandat.

Il est l'organisateur des fêtes mutualistes d'Angers en 1903 et en 1909. Depuis 1894, il était délégué à l'orphelinat mutualiste du département. En 1904, le préfet le nomme administrateur du Bureau de Bienfaisance d'Angers. Cette même année, il fonde la Mutualité scolaire des trois cantons d'Angers. En 1906, il crée la première pharmacie mutualiste du nord de la France. Son action en faveur de la mutualité est couronnée par la construction de l'hôtel de la Mutualité, inauguré le 31 mars 1912 : la mutualité, dit-il dans son discours, c'est l'assurance fraternelle. C'est la mise en commun des souffrances humaines pour en atténuer la rigueur. Rendre l'existence moins âpre…, donner la sécurité à tous et à soi-même, est-il une formule qui réponde mieux à l'idéal de la vie sociale ?

 Le 12 mai 1912, il est élu conseiller municipal républicain. Il n'a malheureusement que le temps d'être nommé à la 4e commission (police, établissements charitables, assistance et retraite) et à la commission scolaire, car il meurt le 11 juin, avant la seconde séance du conseil municipal. Ses obsèques sont suivies par nombre de personnalités angevines et par toutes les sociétés de secours mutuels de la ville.

Rue Baudrière, montée du Tire-Jarret et Grande Cordonnerie des Halles Triquier. Vers 1912.
Photographie noir et blanc, 11,5 x 17.
Arch. mun. Angers, 5 Fi 629.

Bibliographie : GRUAU (Christophe), La Mutualité à Angers (1834-1914), Le Mans, 1990, 168 p. dact. (Mémoire de maîtrise, université d'Angers).