1858 - Cavalcade historique

Trésors d'archives

Exposition virtuelle de quelques belles pièces d'archives

Grande cavalcade reproduisant l'entrée de François Ier à Angers le 5 juin 1518 : dépliant illustré et programme général des fêtes données pour célébrer l'exposition de 1858. Juin 1858.
Lithographie, 11,4 x 17,1 (déplié : 130,5).
Arch. mun. Angers, 1 J 64.

Déjà la cinquième exposition agricole, industrielle et artistique d'Angers en 1853 avait été accompagnée par trois jours de festivités. Le 6 juin, une cavalcade reconstituait de façon grandiose l'entrée de Louis XIII et de sa mère Marie de Médicis en 1614. Cette fête de charité - une quête en faveur des pauvres effectuée sur le parcours du cortège produisait 13 775 francs - connut un brillant succès. Elle est donc reconduite lors de la sixième exposition d'Angers, en 1858.

Le thème de la fête, toujours historique, est cette fois l'entrée de François Ier à Angers en 1518. Le comte de Contades, président de la commission d'organisation des fêtes de charité, supervise la manifestation. Mme Baron, assistée du tailleur Mazière, est chargée des costumes. Le dimanche 6 juin, le roi fait son entrée solennelle aux flambeaux, suivi de sa cour. Reçu par les échevins sur la route des Ponts-de-Cé, le cortège passe rue Bressigny, rue Saint-Aubin, place Sainte-Croix, rue place Neuve (rue Montault), rue Plantagenêt, pont du Centre (de Verdun), rue Beaurepaire, place de la Laiterie, puis se dirige vers le château en parcourant les principales rues de la ville.

 Le lendemain 7 juin a lieu la grande cavalcade historique représentant la promenade que le roi François Ier fit le lundi de l'octave de la Fête-Dieu, 7 juin 1518. Quelques libertés sont prises ici avec l'histoire : en réalité, François Ier fit porter en procession le Saint-Sacrement le jeudi 10 juin de l'octave de la Fête-Dieu. Un livret illustré est imprimé où sont croqués tous les personnages pour permettre aux spectateurs de 1858 de bien comprendre le défilé. En tête, la musique de Saumur, puis trente cuirassiers, six trompettes à cheval, quatre hérauts d'armes, deux rangs de hallebardiers… Trois chars allégoriques terminent le cortège sur une note moderne évoquant le génie des siècles nouveaux : le char de l'agriculture et de l'industrie traîné par seize boeufs, le char du commerce et celui des arts traînés chacun par seize chevaux. Sur tout le parcours, une quête est faite au profit des pauvres.

 Antoine Farran, maire d'Angers de 1837 à 1843, évoque la fête dans ses Mémoires : Trois cent quarante ans après (…), François Ier accompagné de toute sa cour a parcouru notre ville aux nouvelles acclamations de notre population toute entière, émerveillée de la fraîcheur, de la fidélité des costumes et de la manière élégante dont ils étaient portés. Camille Parage, chargé de représenter François Ier, s'est acquitté de cette mission royale avec le plus grand succès et la plus exacte ressemblance. Sa belle tenue, son air affable et majestueux, ses salutations gracieuses ont obtenu les applaudissements de la foule qui se pressait sur ses pas, et qui faisait entendre de tous côtés le cri de vive le Roi. Enfin, des concerts, un bal splendide, un carrousel donné en l'honneur du roi par les seigneurs de sa cour, des régates et joutes sur la Maine, des courses sur l'hippodrome d'Écouflant, des fêtes vénitiennes et un concert nautique ont terminé cette belle solennité.