Vous vous interrogez sur la dénomination de l'une des 1647 voies d'Angers ? Quelle est la personnalité, l'événement, le bâtiment ou le lieu-dit ancien auquel elle fait référence ? Ce dictionnaire en ligne vous en donne l'histoire...
Dictionnaire en cours de refonte : un astérisque indique les rues dont les données ont été revues et complétées.
Réalisation : Marie-Luce Fabre, Sylvain Bertoldi
En savoir plus : Les premières dénominations officielles de rues
Saint-Serge Ney Chalouère
Pierre-Mendès-France (place)
Savary (rue)
15/01/1830
La délibération du 15 janvier 1830 indique : "Messieurs Joubert et Giraud ayant demandé par leur lettre du 26 novembre dernier que des noms soient donnés aux rues qu'ils ont fait ouvrir sur l'emplacement de leur manufacture, le conseil […] a arrêté qu'elles recevroient les noms suivans :
La rue principale qui ouvre sur la route de Paris et se prolonge jusqu'à la porte de la manufacture sera nommée Joubert-Bonnaire
La rue qui ouvrira sur la contre-allée du champ de mars recevra le nom de rue de la Manufacture
La rue qui part de l'angle du champ de mars et se prolonge jusqu'à la rue Pierre-Lise sera nommée rue Traversière [début de l'actuelle rue Savary]
La rue qui communiquera de la route de Paris à la rue Traversière prendra le nom de rue des Noyers."
La rue Joubert - qui devrait donc être appelée “rue Joubert-Bonnaire” - évoque deux membres de la famille :
Joseph-François Joubert-Bonnaire (1756-1822), négociant, manufacturier, époux de Françoise-Marie Bonnaire, fille du fondateur de la manufacture de toiles à voiles, maire d’Angers en 1801-1808
Alexandre Joubert (1785-1859), maire d’Angers (août 1830- décembre 1832).
Tout ce quartier, entre la place du Pélican (place Mendès-France), l’actuelle rue Savary et le champ de foire (champ de mars, puis place du Général-Leclerc) était occupé par la grande manufacture royale de toiles à voiles des Joubert-Bonnaire, fondée en 1750. Elle est lotie par eux dans les années 1820-1830. Les noms de rues, donnés par délibération municipale du 15 janvier 1830, aujourd’hui encore le rappellent : rue Joubert, Joubert-Bonnaire à l’origine, de la rue de Paris à la porte de la manufacture ; rue de la Manufacture, petite rue donnant vers le champ de mars.
Au n° 4 de la rue Joubert s’installe en 1851 la succursale angevine de la Banque de France, dans l’hôtel particulier d’Anatole de Mieulle, un hôtel bâti vers 1825-1840, à peu près en même temps que le grand hôtel bâti au revers pour les manufacturiers Joubert-Bonnaire, puis remanié pour les industriels du parapluie, les Lafarge, sur l’actuel boulevard du Maréchal-Joffre :
En 1848, l’argent manque, étant donné les événements révolutionnaires. Les capitaux prêtés au commerce sont redemandés et retirés. Un comptoir d’escompte destiné à faciliter les opérations de trésorerie des manufactures angevines est créé le 3 avril 1848, sous l’impulsion d’industriels du textile, Lainé-Laroche et Besnard (beau-père de Julien Bessonneau) et du négociant Leclerc-Guillory. Fermé dès le mois d’août, il prépare l’établissement d’une succursale de la Banque de France, autorisée par décret du 21 juin 1850 et ouverte le 19 février 1851.
En 1903, la Banque de France achète l’immeuble donnant sur la place du Pélican, contigu à sa succursale, afin de faire édifier une construction digne du premier établissement financier d’Angers. De ces travaux, réalisés vers 1912-1914, sans doute seulement terminés au début des années 1920, date la belle entrée en ferronnerie entre deux pavillons.
En 2025, les locaux de la Banque de France - vacants depuis son déménagement vers le quartier de la gare en décembre 2025, sont achetés par Angers Loire Métropole pour abriter le centre de pilotage du territoire intelligent et la direction Sécurité-Prévention (Police municipale). La nouvelle installation, baptisée Site Joffre, est inaugurée le 29 juin 2026.
Joubert (rue)
