Les princes angevins

Rattachement au domaine royal

Après la mort d'Henri II en 1189, l'empire Plantagenêt fond très vite sous les coups de Philippe Auguste. Angers est rattachée par la conquête au royaume de France en 1206. Cette nouvelle situation dans le domaine royal ravive son rôle militaire face à la Bretagne restée indépendante. Les troupes royales doivent intervenir en 1230 pour reprendre l'Anjou aux Bretons de Pierre Mauclerc. C'est alors que Blanche de Castille ordonne la construction d'une puissante forteresse et d'une nouvelle enceinte de 3 800 mètres de pourtour, englobant la Doutre.

En 1246, saint Louis donne l'Anjou en apanage à son frère Charles Ier qui fonde la deuxième dynastie des comtes. Sa petite-fille, Marguerite de Sicile, l'apporte en dot en 1290 à Charles de Valois, père de Philippe VI, qui - à son avènement au trône de France en 1328 - ramène l'Anjou dans le domaine royal. Jean II le Bon recrée l'apanage en faveur de son fils cadet Louis Ier en 1356. L'Anjou est érigé en duché en 1360. Comme les deux premières, cette troisième dynastie angevine joue un rôle international qui l'amène à être souvent absente d'Angers. 

Louis Ier ami des arts

Quatre princes angevins se succèdent à la tête de l'Anjou : Louis Ier (1356-1384), Louis II (1384-1417), Louis III (1417-1434), René Ier (1434-1480). Louis Ier obtient la création, pour l'entretien des fortifications dans une période troublée, d'un droit de péage sur les marchandises transitant par le pays. Cette imposition, la « cloison », sera la principale ressource de la ville. Elle est pour la première fois explicitement mentionnée en 1372. Dès l'origine, les bourgeois sont associés à sa levée, de sorte que le premier compte conservé aux Archives municipales remonte à 1367.

Détail d'une tenture de l’Apocalypse - Ville d'Angers

Ami des arts et des lettres, Louis Ier fait tisser chez le marchand parisien Nicolas Bataille la grande tapisserie de l'Apocalypse selon saint Jean, d'après les cartons du peintre Hennequin de Bruges (1373-1381). C'est le plus important ensemble de tapisseries médiévales conservé dans le monde. À l'initiative du même duc, des lettres patentes royales établissent formellement l'université d'Angers en 1364. Elle est définitivement constituée en 1432 avec ses quatre facultés : droit, médecine, théologie, arts.

Détail du vitrail avec portrait du roi René seul. "Le château", coll. Images du patrimoine. Cliché Inventaire général

À partir de 1434, le règne du « bon roi René », duc d'Anjou, de Lorraine et de Bar, comte de Provence, roi de Naples et de Jérusalem, apporte un renouveau à la ville. Le château est l'objet de travaux continuels entre 1450 et 1465. Le roi René met à la mode les manoirs de campagne, dont il a peut-être rapporté le goût d'Italie. Trois modestes demeures sont aménagées aux environs d'Angers : Haute-Folie, Reculée, Chanzé, près de la Baumette où René d'Anjou fonde en 1451 un couvent pour des Cordeliers. Mécène et artiste, il fait jouer sur la principale place de la ville les longs mystères composés par son entourage. Par testament, il lègue à la cathédrale la tapisserie de l'Apocalypse.

Comptes de la cloison d’Angers. 1367-1447. Registre comprenant 31 cahiers de parchemin et 2 cahiers de papier ms. Arch. mun. Angers