Le haut Moyen Âge

Arrivée du christianisme

 

Le développement du christianisme pose les jalons d'une nouvelle extension. Le premier évêque est mentionné en 372, lors de l'élection de saint Martin à l'évêché de Tours. Son nom, Defensor, n'est en réalité qu'un titre : l'évêque est alors le défenseur de la cité, relais de l'administration gallo-romaine désorganisée. Les chrétiens créent une nouvelle nécropole à l'emplacement d'un ancien quartier gallo-romain (aujourd'hui la place du Ralliement et ses abords). Des basiliques cimetériales y sont progressivement édifiées. De là naîtront les trois églises paroissiales Saint-Pierre, Saint-Maurille et Saint-Julien.

Tremessis Andecavis, or. VIIe siècle. Musées d’Angers

La vie monastique pénètre à Angers vers le milieu du VIe siècle : la première abbaye, Saint-Aubin, est consacrée par l'évêque de Paris, saint Germain, destinée à abriter le tombeau de saint Aubin. L'abbaye Saint-Serge, fondation des rois mérovingiens Clovis II et Thierry, suit au milieu du VIIe siècle.

Incursions bretonnes et normandes

À partir des années 850, Angers souffre de sa situation de marche. Bretons et Normands font si bien régner l'insécurité dans le pays que le comte s'installe en 851 à l'extrémité sud-ouest de la cité pour mieux surveiller le fleuve, à l'emplacement de l'actuel château. Néanmoins, la ville est investie à plusieurs reprises. C'est pourquoi Charles le Chauve crée en 853 une vaste marche frontière formée des territoires de l'Anjou, de la Touraine, du Maine et du pays de Sées et la confie à Robert le Fort (arrière-grand-père de Hugues Capet). Malheureusement, Robert est tué dans un combat contre les pirates à Brissarthe, en 866.

Partie de balustrade carolingienne, collégiale Saint-Martin. IXe siècle. Arch. mun. Angers

L'empereur doit intervenir lui-même en 873 pour déloger les Normands installés à Angers. Ne pouvant tenir eux-mêmes le pays, les derniers carolingiens, comtes d'Anjou, mais surtout comtes de Paris puis ducs de France, nomment des vicomtes. Vers 929, Foulque le Roux prend le titre comtal et fonde la première dynastie des comtes d'Anjou qui rétablit peu à peu le calme. Le rôle militaire d'Angers s'efface pour trois siècles.

Tête de cuve de sarcophage présentant des croix multiples