Dictionnaire des rues

Vous vous interrogez sur la dénomination de l'une des 1 515 voies d’Angers ? Quelle est la personnalité, l'événement, le bâtiment ou le lieu-dit ancien auquel elle fait référence ? Ce dictionnaire en ligne vous en donne l'histoire...

L'ensemble est en cours de refonte par Marie-Luce Fabre : un astérisque vous indique les rues dont les données ont été revues et complétées.

En savoir plus : Les premières dénominations officielles de rues

LEGENDRE (rue Louis) *

Quartier :

Centre Ville

Commençant :

Edouard-Langlade (rue)

Terminant :

Diderot (rue)

Dénomination précédente :

Petit-Montrejeau (impasse du)

Date dénomination :

23/03/1953

Histoire du terme choisi :

Louis Legendre (Bréteil, Ille-et-Vilaine 1893 – Karlovy Vary, Rép. Tchèque 1945), résistant, déporté.
Ancien combattant de la première guerre mondiale, il s'installe au sortir de la guerre à Angers comme assureur. En 1939, il est mobilisé sur place du fait de son âge. Sitôt après l'armistice de 1940, il rejoint les rangs du réseau de résistance à l'occupant "Honneur et Patrie". Arrêté par la Gestapo lors de la rafle du 31 août 1943, il est ensuite déporté à Flossenburg via Compiègne et Buchenwald, puis envoyé dans un kommando à Johanngeorgenstadt, petit village situé sur la frontière tchèque à 45 km au nord de Karlsbad (aujourd’hui Karlovy Vary). Il s’agissait d’une usine réquisitionnée par les nazis dans laquelle s’entassaient quelque 1 000 déportés de 12 nationalités différentes répartis en deux groupes de 500 et qui étaient contraints de travailler 12 heures par jour à former au maillet puis à riveter entre elles les tôles destinées à la construction des Messerschmitt de la Luftwaffe qui étaient assemblés à Flossenburg.
Évacué de ce kommando le 16 avril 1945 avec 822 autres survivants sous la forme d’une marche de la mort qui devait les conduire à la forteresse de Terezin, il meurt de faim, de froid et d’épuisement lors de l’étape de Karlsbad. Son corps est enseveli avec 204 autres cadavres dans une fosse de 9 m de long sur 2,5 m de profondeur creusée sur ordre des nazis au pied du mur qui sépare le cimetière juif (alors abandonné depuis 1938) du cimetière chrétien de Drahovice sur les hauteurs de Karlsbad.
Exhumé le 29 juin 1945 en présence deux médecins légistes tchèques et de trois officiers français, son corps a été dignement enseveli du côté chrétien de ce cimetière le 2 juillet 1945 avec ses 204 compagnons de misère. Le protocole d’exhumation a été retrouvé dans les archives tchèques ainsi que dans les archives allemandes de Ludwigsburg. En décembre 1948, l’ambassade de France à Prague a transmis au ministère des Anciens Combattants à Paris la liste des déportés français morts à Karlovy Vary. Le nom de Louis Legendre y figure en 17e position avec son numéro matricule, le lieu et la date du décès. Ce ministère n’a jamais fait suivre cette information à sa famille qui aura dû attendre 67 ans pour connaître enfin la vérité.
L’emplacement de la fosse n’a jamais été utilisé après le retour des juifs à Karlovy Vary. Encore aujourd’hui il est engazonné et soigneusement entretenu par le responsable du cimetière juif.
En mai 2012, une plaque commémorative a été apposée par sa fille Cécile et son fils Pierre au nom de son épouse, de ses huit enfants et de tous les membres de sa famille, au cours d’une cérémonie officielle organisée par la Région et la Ville de Karlovy Vary, le président de la communauté juive de cette ville et le président de l’Association des anciens combattants tchèques (texte de M. Pierre Legendre, fils de Louis Legendre).

Histoire de la voie :

Délibération du 30 octobre 1967 : la rue, commençant rue Édouard-Langlade, finira rue Diderot.

Terme normalisé :

Louis-Legendre (rue)