Dictionnaire des rues

Vous vous interrogez sur la dénomination de l'une des 1 515 voies d’Angers ? Quelle est la personnalité, l'événement, le bâtiment ou le lieu-dit ancien auquel elle fait référence ? Ce dictionnaire en ligne vous en donne l'histoire...

L'ensemble est en cours de refonte par Marie-Luce Fabre : un astérisque vous indique les rues dont les données ont été revues et complétées.

En savoir plus : Les premières dénominations officielles de rues

IMBACH (place Louis) *

Quartier :

Centre Ville

Commençant :

Commerce (rue du)

Terminant :

Pocquet-de-Livonnières (rue)

Dénomination précédente :

Halles (place des)

Noms révolutionnaires :

Commune (place de la)

Date dénomination :

31/07/1945

Histoire du terme choisi :

Joseph-Louis Imbach (Paris 1881 - Mauthausen 1945), résistant, déporté.
"Il avait été élu conseiller municipal le 12 mai 1935 dans la section du Centre, quartier où il habitait et où se trouve son important établissement de vente de graines et semences. Pendant 6 mois jusqu’en 1941, il fut pour ses concitoyens un conseiller averti, tout dévoué à la défense de leurs intérêts. Nous l’avions élu administrateur des hospices. Il s’était plus particulièrement spécialisé dans les questions financières. Ses avis et ses conseils étaient toujours écoutés avec la plus grande attention. Dans nos débats ses interventions étaient pesées et faites avec mesure et fermeté.
Dévoué aux institutions républicaines, capitaine pendant la guerre 1914-1918, ses camarades de combat l’avaient choisi comme président de la Fédération des combattants républicains. Autant de titres qui devaient appeler sur lui l’attention de M. le préfet de Maine-et-Loire, digne représentant du gouvernement de Vichy, et qui lui valurent d’être écarté du conseil municipal en 1941. Aucun de ses amis n’en fut étonné. Il subissait le sort réservé à la plupart des militants républicains.
Il se consacra à son commerce qui l’absorbait, d’autant plus que son fils aîné, son collaborateur immédiat, était prisonnier en Allemagne.
Puis un jour nous apprîmes avec stupeur l’arrestation d’un certain nombre de nos concitoyens. Notre collègue était du nombre, ainsi que tous les membres de sa famille résidant avec lui. Mme Imbach, son jeune fils, sa belle-fille, devaient être relâchés. Quant à Louis Imbach, il fut envoyé en Allemagne.
À la Libération, le Gouvernement provisoire de la République réintégra les victimes de Vichy dans leurs fonctions municipales.
Notre collègue fut du nombre, mais toujours détenu, il ne put siéger et on dut lui nommer un suppléant, M. Levasseur.
Lors du renouvellement du conseil municipal en avril-mai 1945, ses amis le portèrent sur leur liste, et pour le second tour les partis de gauche décidèrent d’inscrire son nom en tête de leur liste unique. Les électeurs ont approuvé ce témoignage de sympathie accordé à une victime de la Gestapo et par 19 471 voix Louis Imbach fut élu en tête de la liste républicaine victorieuse.
Nous attendions avec impatience son retour parmi nous lorsque brusquement nous avons appris qu’il était décédé au camp de Mauthausen dans des conditions épouvantables. Au moment de son arrestation, c’était un homme robuste. Le 22 mars 1945, il se serait éteint, comme un pauvre petit oiseau, après être resté pendant 80 jours sans une miette de pain, nourri seulement de feuilles de betteraves et de trèfle. À sa mort, complètement épuisé, il pesait à peine 40 kilos" (hommage rendu par le conseil municipal le 19 juin 1945).

Dénomination adoptée à la demande du Comité départemental de la Libération de Maine-et-Loire.

Terme normalisé :

Louis-Imbach (place)